Leur dernier saut

     L'ASSOCIATION DES FAMILLES DES PARACHUTISTES SAS VOUS INFORME :

 

 

Nous avons la tristesse de vous faire part du décès de notre ancien SAS Antoine Heiligenstein survenue dans sa 97e année.
Né le 31 octobre 1922 à Bourg Bruche, Antoine Heiligenstein s'engage à 17 ans dans la Marine à Epinal en mai 1940. Il embarque à Brest et participe à plusieurs convois en Atlantique, en Océan Indien et en Méditerranée. Affecté à Alexandrie en juin 1943, il embarque sur le Suffren mais souhaitant reprendre au plus vite le combat, il profite d'une escale au Cap et rejoint les Forces Françaises Combattantes le 3 août. Arrivé en Grande-Bretagne au mois de Novembre, il passe un mois à Patriotic School le temps de vérifier son identité puis il s’engage dans les FAFL (n°36308) sous le nom de Bachet et se porte volontaire pour les parachutistes. Affecté au 4e BIA le 10 décembre 1943, il est breveté à Ringway n°2272 le 1/02/1944 et intègre le squadron de commandement du 4e SAS.

Parachuté sur la base Dingson, il fait partie du détachement qui accompagne le 13 juin au soir le lieutenant Deplante vers Saint-Caradec pour former la base Grog. Pendant deux mois, il assure la protection de la base, participe à de nombreux sabotages et à l'instruction de maquisards. Plus de 2000 containers parachutés pour armer 5900 hommes répartis dans 9 bataillons démontre l'activité fournie par le Lt Déplante et ses hommes.

En septembre, Antoine opère sur la Loire avec le 4e squadron et effectue des patrouilles et embuscades vers Nevers, Decize et Saint-Pierre-Le-Moutiers où les SAS obtiennent la reddition d'un important détachement ennemi sur un coup de bluff du S/Lt Le Bobinnec. Après deux mois de repose en Champagne, le 4th SAS est placé en état d'alerte le 22 décembre suite à la contre-attaque allemande dans les Ardennes. Au matin du 25 décembre, les SAS atteignent Bertrix à partir de laquelle ils vont mener des missions de renseignements et des embuscades. Au sein du peloton du S/Lt Cochin,le Cpl/C Bachet participe à des patrouilles vers Tellin et Arville dans des conditions climatiques particulièrement difficiles. Le 12 janvier, le peloton effectue ainsi une longue marche de nuit jusqu'à la barrière de Champlon où ils surprennent un groupe ennemi.

En avril 1945, il est parachuté en Hollande avec le stick du Lt Michel Legrand. Les SAS installent leur base dans les bois de Gieten et de là, le sergent Bachet rayonne avec ses camarades, participe à des embuscades et notamment à l'attaque de Gasselte. La mission devait durer quelques jours. Ils sont finalement rejoints par une unité canadienne le 12 avril.

Démobilisé en juin 1946, Antoine Heiligenstein reprend finalement du service et poursuit ensuite sa carrière en Indochine. Engagé en octobre 1950 au 35e RAP, il participe à de nombreux combats dans le delta du Tonkin avant de rejoindre l'Algérie en 1953.

A saint-Julien, Antoine se montrera ensuite très actif au niveau associatif et déploiera une grande énergie tout en restant très discret sur son parcours.

 

Il était titulaire de :

Officier de la Légion d'Honneur
Médaille militaire
Croix de guerre 39-45 avec trois citations
Croix de guerre des TOE (Indochine, Algérie)
Croix du combattant des moins de vingt ans
Médaille coloniale
Croix de guerre commémorative avec agraphe “Krijg te land 1940-1945” (Pays-Bas)

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L'Association des Familles des Parachutistes SAS

de la France Libre

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Maurice nous a quitté…


Maurice LE NOURY est décédé vendredi 18 janvier. Il laisse à tous ceux qui l’on connus un souvenir impérissable et chacun d’entre nous est profondément attristé par cette nouvelle.
Il laisse le souvenir d’un homme profondément humain, très cultivé, attachant et avec un grand sens de l’humour.
J’avais retrouvé Maurice il y a plus d’une dizaine d’années alors que nous allions inaugurer une plaque à Briare. Il était alors très discret sur son parcours. A partir de cette date, il fut de toutes les cérémonies à Sennecey-le-Grand, à Gien, en Normandie… de tous les voyages en Hollande en compagnie de son épouse Suzy à laquelle il était très attaché et qui nous a quittée il y a quelques années maintenant.
Depuis la création de l’AFPSAS, Maurice était particulièrement impliqué dans l’association et se faisait un devoir notamment de rencontrer les jeunes, parler de son parcours et de son engagement au sein du Special Air Service. Il avait su se faire aimer de tous.
Né le 27 décembre 1921 à Villegats dans l’Eure, Maurice s’engage en novembre 1941 au sein du 1er Zouaves. Il débarque alors en Algérie au mois de décembre et commence sa formation. En novembre 1943, Maurice apprend qu’une petite unité de commandos français, intégrée au 2nd SAS de Bill Stirling, est en formation à Philippeville. Il se porte alors volontaire et rejoint la Grande-Bretagne au mois de mars 1944. Breveté à Ringway au mois d’avril, Maurice poursuit sa formation de commando à Ayr en Ecosse.
Fin juillet 1944, le 2nd SAS reçoit pour mission d’opérer et harceler les voies de communications ennemies à l’est de la Marne dans les secteurs de Saint-Dizier et Bar-le-Duc. Dans le cadre de l’opération Rupert, Maurice est parachuté finalement fin août avec le stick du Lt Arnold et les SAS effectuent des missions de reconnaissance et montent des embuscades dans le secteur de Trois-Fontaines en relation avec le groupe FFI de Georges Psaume.
Au mois de novembre, Maurice est finalement muté au 3e SAS qu’il rejoint en Champagne. Il suit alors une formation radio et c’est ainsi qu’au mois d’avril, il est désigné pour faire partie du stick du Lt-colonel de Bollardière. Dans le cadre de la mission Amherst, le stick est parachuté dans la région de Spier dans la nuit du 4 au 5 avril 1945. Le stick est dispersé mais de Bollardière et Simon parviennent à rassembler quelques hommes en lisière d’un bois. Maurice et son camarade Charles Godeau envoie un message et peu à peu les hommes se regroupent. Des missions de renseignements et de reconnaissance sont effectuées et au matin du 11 avril, les SAS tentent de prendre position à Spier. Les combats sont violents et les hommes doivent repousser une contre-attaque. Le commandant Jean Simon est abattu près de Maurice ainsi que le sergent Campan. Dans l’après-midi, une unité du 8e Régiment de reconnaissance du 12e Hussard intervient et permet de repousser l’ennemi. 

David Portier


Maurice était titulaire de la Légion d’Honneur, Médaille Militaire, Croix de Guerre 39-45 et Médaille commémorative Krijg te Land des Pays-Bas

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L'Association des Familles des Parachutistes SAS

de la France Libre

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Nous avons la tristesse de vous faire part du décès de notre ancien SAS Joseph TAFANI le 31 octobre chez lui en Corse.
Né le 8 avril 1922 à Muratello, Joseph avait rejoint l'Algérie après la libération de la Corse et s'était engagé au 3e BIA à Rouiba.
Breveté en janvier 1944 à Ringway, il était affecté au 1er squadron du 3e SAS et parachuté en Saône et Loire dans le cadre de la mission Harrod au sein du stick Lyon-Caen.
Après une période de repos en Champagne puis retour en Grande-Bretagne cette fois dans la région d'Ipswich, Joseph TAFANI était parachuté dans la nuit du 7 avril 1945 près de Assen.
Très discret sur son parcours, nous avions retrouvé Joseph il y a peu de temps. Chevalier de la Légion d'Honneur, il était également titulaire de deux citations.
La cérémonie a eu lieu le 2 novembre en présence de notre ancien SAS Dominique FRANCISCHI.
Nos sincères condoléances à toute la famille.

L'Association des Familles des Parachutistes SAS

de la France Libre

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C'est avec une profonde tristesse et beaucoup d'émotion que nous avons appris, cet été le décès de Marcel Baron. Son fils, Jean Marc nous avait transmis ce message :

Mon père était très âgé, il souhaitait partir, nous y étions préparés. Il a fini ses jours, chez lui, dans son lit, en paix, entouré des siens. C’est mieux ainsi.Il ne souhaitait aucune gerbe à son enterrement. En revanche, il m'avait demandé qu'un avis paraisse dans votre bulletin, informant ses derniers compagnons de son départ.

Il est décédé samedi 21 juillet, à 10h, chez lui à Condé sur Noireau.

C'est donc en respectant la volonté de Marcel Baron et de sa famille que nous avons décider de publier la biographie rédigée par David Portier responsable de notre comité scientifique:

Marc BARON est né le 3 juin 1921 à Vassy dans le Calvados.          

Dès le début de l’occupation, il entre en résistance dans la région de Caen et le 20 novembre 1940, il est arrêté pour propagande anti allemande et distribution

de tracts. Incarcéré à la maison d’arrêt de Caen, il y organise la résistance à l’intérieur de la prison.

Libéré le 26 novembre 1941, il reprend aussitôt ces activités clandestines mais arrêté, il est cette fois déporté vers l’Allemagne le 16 novembre 1942. Le 4 décembre, il parvient à s’évader du camp situé près de Dortmund. Il rentre alors en France mais décide de passer par l’Espagne et il est interné dans les prisons franquistes du 4 avril au 30 juillet 1943.

Le 20 octobre, Marc embarque à Malaga à destination du Maroc. Là, il se porte volontaire pour poursuivre le combat et le 26 décembre 1943, il embarque à destination de la Grande-Bretagne. Incorporé aux FAFL à Londres le 8 mars 1944, il est affecté au squadron de commandement du 4e SAS à Auchinleck. Il débute alors rapidement sa formation par un stage  à Ringway où il passe son brevet le 3 avril. A son retour au camp, il est finalement muté au 2e squadron du capitaine Leblond puis détaché fin avril au C squadron du 1st SAS sous le nom de Johnny Baronjelle.

Dans la nuit du 13 au 14 août, les premiers éléments du C Squadron sont parachutés à l’est d’Auxerre pour installer la base Kipling en forêt de Merry-Vaux. Le 19 août, 20 jeeps et 40 hommes aux ordres du major Marsh sont déposés sur l’aérodrome de Rennes. Aussitôt, Marc Baron et les éléments du stick du Lt Roy Close prennent la direction d’Orléans puis traversent les lignes ennemies. Avec ses camarades dont Alec Borrie, il opère alors vers Avallon, Nevers, La Charité, Sens et participe à l’attaque d’un important convoi près de Chatillon. Au cours de l’un des premiers engagements, une jeep est détruite et le conducteur blessé. Marc Baron et Alec Borrie font demi-tour et parviennent à l’évacuer. Cette action vaut à Marc de recevoir la Military Medal.

Fin septembre, le squadron se rassemble à Cosne-sur-Loire puis rejoint Bruxelles le 5 octobre. Les SAS opèrent alors en Belgique dans le secteur de Hoogstraten près d’Anvers. Marc est blessé le 11 octobre à Walcheren au cours d’une patrouille sur les rives de l’Escaut. Rapidement remis, il rejoint l’unité et effectue avec son peloton jeeps des missions de reconnaissance en avant de la 3e DI Britannique en direction des Pays-Bas et le secteur de Nimègue. En janvier 1945, les SAS assurent la protection du port d’Anvers et au mois d’avril, ils opèrent aux Pays-Bas et en Allemagne où le sergent Marc Baron est de nouveau blessé le 22 avril à Freysothe par des éclats de mine.

Marc BARON est titulaire notamment de la Military Medal, Chevalier de la Légion d’Honneur, Médaille Militaire, Médaille des Evadés, Croix de Guerre 39-45

         

L'Association des Familles des Parachutistes SAS de la France Libre

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C'est avec une profonde émotion que nous apprenons par sa famille le décès de notre ancien André ALLAINMAT qui nous a quitté le 23 janvier. André était à notre connaissance le dernier parachutiste de la France libre ayant appartenu à la 1re CIA du capitaine Bergé en Angleterre en 1941.

André Allainmat est né le 1er janvier 1921 à Guingamp. Début décembre 1939, son brevet en poche, il s’engage dans la Marine au 2e dépôt des équipages à Brest. Il est alors envoyé à l’école des radios-télégraphistes de Lorient. Le 17 juin 1940, André embarque sur l’aviso La Moqueuse et signe quelques jours plus tard son engagement au sein des FFL. Il embarque à Porstmouth sur le cuirassé Courbet puis, afin d’entrer plus vite en action, il s’engage le 20 juillet dans la marine britannique et embarque sur le destroyer HMS Ripley avec lequel il effectue des patrouilles dans l’Atlantique-Nord. Enfin, au cours d’une permission, il apprend que le capitaine Bergé cherche des volontaires et en mars 1941, il s’engage au sein de la 1re Compagnie d’Infanterie de l’Air à Camberley.

Dès lors, André suit la formation des commandos, participe à différents stages et est breveté à Ringway le 10 avril 1941. Il enchaîne ensuite avec une longue période de formation de radiotélégraphiste dans une école spéciale pour les agents clandestins.

En juillet 1941, tandis que le capitaine Bergé et une partie de l’unité rejoignent le Moyen-Orient, André rejoint la station 36 et est affecté aux Services de Renseignements.
Dans le cadre de la mission Dastar, André Allainmat est parachuté près de Montereau (Seine et Marne) dans la nuit du 7 septembre avec le sergent Raymond Laverdet. Les deux parachutistes sont chargés d’opérer en région parisienne, d’apporter leur soutien à l’organisation du réseau « Armée des Volontaires » et d’assurer les contacts avec Londres. En janvier 1942, le groupe reçoit le renfort du Sgt/C Louis Bourdat.
Suite à de nombreuses arrestations début 1942, les liaisons sont coupées avec le SR mais André poursuit son travail et prend des contacts avec Libération-Nord, effectue des sabotages, du renseignement et du contre-espionnage.
Début novembre 1942, plusieurs responsables du réseau sont arrêtés et le 7 novembre, André est capturé dans le bureau de poste du 17e arrondissement de Paris après un combat au cours duquel il est blessé. Après un passage rue des Saussaies au siège de la Gestapo, André est incarcéré à Fresnes jusqu’en septembre 1943, puis il est ensuite déporté à Mauthausen d’où il est libéré en mai 1945.

Très discret sur son parcours héroïque, André était officier de la Légion d’Honneur et titulaire de la Médaille de la France libre, Médaille de la Résistance, Médaille des Engagés Volontaires et Croix de Guerre 39-45.

Une cérémonie religieuse aura lieu mardi 30 janvier à 14h30 à l’église du Saint-Esprit, 186 avenue Daumesnil 75012 Paris. L’inhumation aura lieu le 31 janvier à Ploubazlanec et sera précédée d’une messe à l’église à 10 heures.

L’AFPSAS présente ses sincères condoléances à sa famille.

André ALLAINMAT
Déporté de Mauthausen
Officier de la Légion d’honneur
Croix de guerre
Médaillé des Engagés Volontaires de la Résistance
Médaille de la France Libre