Mai 2019   

L' Edito du mois :

Marie Chammings02     Mai 2019, le 75ème anniversaire des combats pour la libération arrive à grand pas. Cette newsletter sera, bien sûr, consacrée à nos "French SAS" mais cet éditorial se veut aussi, en ce mois de la fête des mères, être un hommage à leurs épouses qui, souvent après-guerre et tout au long de vies rythmées par les conflits de la seconde moitié du 20ème siècle, furent les plus fidèles soutiens, témoins des silences et des souffrances de ceux qui ne parlaient pas. Car la guerre ne se raconte pas à ceux qui ne l’on pas vécue mais se livre dans un échange de regards entendus entre frères d’armes.

    Eux savent car ils étaient présents et ce qu’ils acceptent d’échanger restent anecdotique et offre un accès restreint à la mémoire des combats. La raison de ces silences fait inconsciemment partie de l’engagement au service de l’autre. Une façon de protéger les siens en taisant la dure réalité de l’état de guerre et des violences reçues et données à l’autre. Si un certain nombre de SAS retournèrent à la vie civile après leur démobilisation beaucoup d’autres restèrent dans l’armée ou y revinrent à un moment où un autre par besoin de servir encore ou parfois parce que le retour à la vie civile était trop compliqué. Toujours est-il qu’au sortir du conflit mondial, l’épouse va devenir le repère, l’indéfectible soutien, l’autre moitié et bien sur faire de ces garçons nos pères, oncles ou grands-pères pour certains d’entre nous.

    Les guerres de décolonisations feront de beaucoup de ces femmes, des veuves avant l’heure, d’autres le deviendront plus tard au hasard des destins de vies. Mais toutes partageront, malgré elles, les traumatismes laissés par les blessures physiques et psychologiques entrainées par tous ces conflits. Ces femmes, épouses ou veuves font partie de notre famille SAS, il est important de ne pas l’oublier, de ne pas les oublier. Elles qui porteuses des valeurs de leurs maris ont su aussi au travers du temps qui passe, nous transmettre le flambeau de la mémoire de ces parcours exceptionnels que furent ceux de nos pères, Parachutistes SAS de la France Libre.

Lionel Lakermance, Vice-Président AFPSAS

Évènements à venir:

 
Mai

o 4 mai 2019 : Courtrai (Belgique) - Cimetière St-Jan, Meensesteenweg
ABSASV (Amicale Belgian SAS Vriendenkring)
Cérémonie en hommage aux SAS et SOE Courtraisiens tombés pendant la guerre.

o 8 mai 2019 à 10h : Lourdes (hautes-Pyrénées)
Cérémonie du 8 mais 1945 au monument aux morts. Présence de Angéle Amestoy, fille de Joseph Amestoy - 4e SAS - Jeep "le Moustique". Présence d'une délégation et élément de reconstitution du Corps Francs Pommies et de l'AFPSAS et d'un élément de reconstitution et jeep Libye. Lecture du poème de l'Aspirant Zirhneld.

o 11 mai 2019 à 16h30 : Plouharnel, site du Bego (56)
« Assaut sur le Bego 2019 » du 8 au 12 mai 2019
conférence du Lieutenant-Colonel Jean-Christophe Dumont sur les SAS (Spécial Air Service) : Les opérations SAS de la seconde guerre mondiale.


o 18 mai 2019 à partir de 9h : Mortehan, Bertrix, Saint-Hubert, Smuid et Libin (Belgique)
Commémorations en mémoire des SAS français.

  9 h: Mortehan - stèle capitaine médecin Meyer Sassoon (4th SAS)
10 h: Bertrix - Église Saint-Étienne
11 h: Saint-Hubert - stèle aux Rouges Fosses
12 h: Smuid - stèle du sergent Jean Prédali (4th SAS)

o 18-19 mai 2019 : Sainte-Mère-Église (50) - Airborne Museum
dans le cadre de la Nuit Européenne des musées, La Nuit à l’Airborne Museum

14h à 23h : Les SAS (Special Air Service) Français en Bretagne pendant l’opération OVERLORD : reconstitution, ateliers techniques et vivants animés par le comité reconstitution de l’AFPSAS.

20h30 : Les opérations SAS des parachutistes de la France Libre en Bretagne dans le cadre de l’opération OVERLORD conférence du Lieutenant-Colonel Jean-Christophe Dumont


Juin

o 1-2 juin 2019 : Plumelec/Moulin de la Gré (56)
Camp reconstitution SAS et Résistance - ateliers techniques par le comité reconstitution de l’AFPSAS.


o 5 juin 2019 : Plumelec/Moulin de la Gré (56)
Cérémonies commémoratives: hommage à Emile BOUETARD, premier mort français du Débarquement


o 6 Juin 2019 à 19h : Paris - Musée de l’Ordre de la Libération - Hôtel national des Invalides
Les Compagnons de la Libération, parachutistes du Special Air Service. Destins croisés, conférence de David Portier
Inscription obligatoire: contact@ordredelaliberation

o 15-16 juin 2019 : Saint-Marcel (56) 
Commémorations des combats du Maquis de Saint Marcel.
Ateliers et animations autour du Musée de la Résistance Bretonne.


o 15 juin 2019 : Saint-Marcel (56)
Cérémonie sur les 4 stèles : Stèle du Bois-Joly; Stèle des Hardys-Béhélec; Stèle du bourg; Monument aux morts

o 16 juin 2019 : Sérent (56)
Cérémonie au Mémorial de La Nouette

o 18 juin 2019 : Sare (64)
Cérémonie du 75°Anniversaire devant le Mémorial Victor Iturria.


o 22 juin 2019 : Lons-Pau (64) - Musée des Parachutistes - Camp Aspirant Zirnheld début année parachutiste.
En soirée, au musée de Pau, conférence sur les SAS par le Lieutenant-Colonel Jean-Christophe Dumont : Les parachutistes SAS dans la Seconde Guerre mondiale.

Suggestion de lecture:

 

Environ 1040 pages en deux volumes réunis dans un magnifique étui, l’auteur retrace l'épopée des Français des trois armées qui, dès 1940, jusqu'à la Libération ont choisi l'engagement derrière le général de Gaulle. Grâce à de nombreuses cartes, il est permis de suivre tous les mouvements des troupes ralliées et les diverses grandes opérations.


Texte de Raymond Forgeat.

 

Ce livre est disponible sur la boutique AFPSAS

Le SAS du mois : Alphonse Garcia

 

Alphonse Garcia 03     Alphonse GARCIA est né le 26 mai 1924 à Brienne-le-Château. Fin 1942, les Allemands désignent des jeunes pour aller travailler en Allemagne et l’un de ses camarades a déjà reçu sa convocation. Ils décident alors de quitter leur village et de rejoindre l'Angleterre et les troupes du général De Gaulle. Après un voyage mouvementé, ils franchissent la ligne de démarcation à Salespisse avec l’aide d’un passeur et par le train ils arrivent à Azereix, petit village des Pyrénées, où habite la mère de l'institutrice de leur village. Un gendarme organise la suite. Ils retrouvent un groupe à Mauléon ils sont treize, et passent la frontière par la forêt d'Irati, très enneigée la nuit du 31 Décembre 1942.

     Arrivés à Orbaïcéta dans une ferme isolée, ils sont conduits à la police de Valcarlos pour être interrogés. Alphonse Garcia déclare s'appeler André Moreau, Canadien d'un avion abattu en France et résidant rue Jacques Cartier à Montréal. Alphonse pense qu'il est encore en possession de sa carte d'identité : discrètement il s'approche du poêle et la glisse à l'intérieur. Ils sont d'abord internés à Pampelune et puis au Balnéario de Bétélu.…. une chance inouïe se présente. Il entend un appel venu du hall: “Mo ré o.. Mo ré o” répété plusieurs fois, il se présente, un envoyé de l'ambassade lui dit... “vous êtes le jeune Moreau, ne dites rien je vous emmène, mais une chance comme celle-ci vous ne la retrouverez sans doute jamais”. En fait, ce Monsieur l'a sorti de prison au lieu d'un autre beaucoup plus âgé dont l'épouse, avait entrepris les démarches pour le faire libérer. Voici Alphonse logé à l'hôtel à Madrid avec l'ordre de ne pas bouger n'ayant pas de papiers en règles. Quelques jours plus tard, une dame, la soixantaine …. est venue lui faire quelques reproches …on lui certifiait que son mari avait quitté la prison.

     Le 1er Avril 1943, Alphonse Garcia est à Gibraltar puis il rejoint la Grande-Bretagne. A sa sortie de Patriotic School le 15 mai, il signe son engagement aux Forces Françaises libres à Londres. Affecté à la CCE du 1er BIA, il est breveté (n°2365) le 5 janvier 1944 et muté au 3e squadron du 4th SAS au sein du stick Taylor avec ses camarades Jean Serra, Jean Béguin, Adrien L’Hostis… Engagement chez les SAS....entraînement sévère et l'attente de sauter en Bretagne : ce sera dans la nuit du 9 au 10 Juin 1944. Atterrissage, ils mangent quelques brins d'herbe française ils se l'étaient promis, ils en avaient tant rêvé, les y voilà…

     Alphonse participe à la bataille de St Marcel, puis aux opérations du sud de la Loire. En décembre 1944, arrive la bataille des Ardennes et la chance est encore avec lui. C'est l'hiver, il fait très froid, il neige. Il part en reconnaissance dans un village avec son chef, l'Adjudant Vidal dit P'tit cheval. Ils entrent dans une maison et le propriétaire les renseigne sur la présence ennemie dans ce village. Sous un hangar un peu plus loin, des Allemands regardent. Au moment de repartir en passant par une fenêtre donnant sur un terrain vague hors de vue du groupe allemand, le propriétaire leur dit : “ma fenêtre est gelée vous allez me la casser”, pas d'autre solution que de repartir comme ils sont venus. Les Allemands se sont ressaisis, un char les prend en chasse, ils courent en direction d'un bois. Il faut sauter une haie, Alphonse passe mais sa carabine tombe du mauvais côté, l'adjudant lui commande de retourner la chercher, de nouveau, il saute par-dessus la haie, récupération de l'arme à la main et qui à ce moment, atteinte d'une rafale, vole en éclats. Il repasse de l'autre côté sans arme, la course continue. Alphonse plus rapide le dépasse, les rafales tirées par le char atteignent l'Adjudant Vidal a une jambe : il se rend les bras en l'air et ordonne à Alphonse de se sauver. Il arrive enfin dans le bois et s'est éffondré au pied d'un arbre, désarmé, épuisé, choqué. La jeep qui les avait amenés et avait entendu les tirs, ne voyant personne revenir, est rentrée au cantonnement. Alphonse finit par rentrer dans la nuit. L’officier qui le reçoit demande qu'on lui apporte un peu d'eau de vie pour le réchauffer et le remettre de ce qu'il venait de vivre. Son pantalon a des trous, la poche du blouson où était son Paybook est transpercée et le Paybook coupé en deux ! Les renseignements qu'il rapportait ont permis aux Américains de progresser.

     Parachuté en Hollande, il est dans l'équipe de Taylor tué au combat à ses côtés puis ce fût l’Indochine, le Sénégal, la Guinée, l'Algérie où là aussi la chance l'a certainement accompagné : Chevalier de la Légion d'Honneur, Médaille militaire, Croix de guerre avec sept citations, Bronze Star Medal décoration américaine, Croix de guerre commémorative “Krijg te land 1940-1945” (Hollande).

Lien vers le site de David Portier

Tribune Libre

 Saint-Etienne-de-Montluc

     En mars 1955, monsieur Jean Allais (maire en 1944) s’exprimant en son nom et en celui des stéphanois  parlait de leur reconnaissance et de leur admiration envers les équipages des deux jeeps des parachutistes du 4th SAS grâce à qui Saint-Etienne-de-Montluc fut «préservée de l’occupation allemande» et ainsi sauvée le 15 août 1944.
Ce fanion brodé par les soeurs du couvent de la Haie-Mahéas, en est le symbole.
Mais laissons la parole à l’un des protagonistes de ces événements :
 
     […] Nous décidons de contourner l’obstacle et de rentrer dans Nantes par une autre route. De braves commerçants nous offrent le gîte et le couvert pour une nuit et le lendemain nous recevons les ordres de remonter vers Saint Etienne de Montluc où les allemands parmi les derniers de la poche de St Nazaire pillent et mettent à sang les fermes du pays. Nous quittons la Nationale 165 et après deux ou trois kilomètres, nous rencontrons un groupe de F.F.I. assez important qui se replie en direction de Nantes. Notre chef s’entretient avec les responsables et les somme de retourner vers Saint Etienne de Montluc. Les avis sont divergeants mais lorsque Jacir donne donne un ordre, il vaut mieux obtempérer sur le champ.
 
« Nous y allons et tout de suite » !
 
     Depuis la colline qui surplombe Saint Etienne, on aperçoit des fermes incendiées. Nous appelons en renfort quelques jeeps supplémentaires et fonçons sur la ville, avec une vélocité que n’ont pas les pauvres F.F.I. qui ne peuvent compter que sur leurs jambes. Nous nous apprêtons à pénétrer dans le village que nous croyons infesté d’allemands et avec la conviction de les faire reculer. À notre grand étonnement nous ne rencontrons aucune résistance. Ils n’occupaient pas Saint Etienne et s’en trouvaient encore à deux kilomètres environ. Nous passons par toutes les rues et la population qui croyait à l’arrivée de l’ennemi, se trouve soulagée en nous en nous voyant. Tout le monde est ravi d’apprendre que nous sommes les paras de la France Libre. Les F.F.I. nous rejoignent et Djamil donne à Lucien les premières instructions pour organiser La Défense du village, tâche dont il va s’acquitter fort bien. La première nuit nous tendons un traquenard aux Chleux et le matin lorsqu’ils tentent une avancée, nous leur faisons payer très cher leur audace. Le deuxième et troisième jour, deux half-track américains arrivent et prennent position. L’heure est à une petite détente et le soir pour la première fois nous nous laissons aller à un sommeil réparateur dans le garage du fournil du boulanger.
 
      Pourtant vers deux heures, une attaque surprise nous arrache à nos rêves, le temps presse et c’est en caleçon que nous sautons dans la Madelon et fonçons à travers champs, volant au secours des Américains pris en embuscade. Heureusement, la nuit n’est pas trop profonde et nous permet de nous diriger dans l’obscurité tout en repoussant l’attaque. Plusieurs Allemands sont tués ainsi que des Américains. Au petit matin, nous effectuons des pointes en direction de Savenay avec des tirs sur les barrages occupés par les avant-postes. Jacir décide de téléphoner depuis la gare de Saint-Etienne de Montluc en demandant la reddition des troupes. L’officier lui répond ;
 
« Venez nous chercher »
 
      Quelques renforts américains arrivent et alors que tous les Paras doivent être décorés par l’U.S. Army, d’une médaille américaine pour l’aide apportée à ses troupes, un ordre du Colonel Bourgoin arrivé pour un départ immédiat en direction de : Angers, Tours, Orléans avec un arrêt à Briare en vue de stoppper la division ‘’Das Reich” qui remonte vers Nevers »
 
Extrait de :
 
Les Larmes du Général ou La Baraka  d’un Caporal des Bataillons du Ciel de la France Libre. Autobiographie de Pierre Lacaze
 
Les jeeps et leurs équipages étaient :
 
Jeep La Madelon : Djamil Jacir/Pierre Lacaze/ Lucien Neuwirth
 
Jeep Mort aux Doriphores : Pierre Bourel/René Guillerot /Guy Lesne/Augustin Pilton

 

75e Anniversaire 1944-2019 

 

A l'occasion du 75e anniversaire de l' Opération Overlord et des combats pour la Libération, l'AFPSAS a le plaisir de vous présenter son logo remémorant les opérations SAS en France. Il accompagnera les publications liées aux cérémonies que nous organiserons ou auxquelles nous participerons au long des mois à venir. L'AFPSAS tient à remercier Philippe Vergé, responsable du Comité Sud-Ouest pour la conception de ce logo.

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